les Enfants apprennent l’art d’assembler

avec Daniel Vazart et Claude Mérat.
mercredi 12 mai 2010
par  Marc
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Menuiser, c’est l’art d’assembler des morceaux pour arriver à un ouvrage. A l’origine, on ne travaillait que le bois. Aujourd’hui, il y a des variantes ; il y a du bois associé avec d’autres matériaux : aluminium, VPC... C’est un travail qui exige de la précision.

Daniel Vazart précise : « Avec les enfants, on fait surtout des assemblages à enfourchement. L’enfourchement, c’est comme une mortaise, mais c’est une mortaise qui débouche ; le tenon passe à travers. On travaille au millimètre. Parfois au demi-millimètre et même au dixième. S’il y a un écart d’un demi-millimètre sur une porte, cela ne jouera pas. Par contre, pour des assemblages, ce sera de l’ordre du 10ème de mm. »

Et Claude Mérat le confirme : « Il faut être rigoureux dans la précision. Surtout quand on fait des tenons (partie mâle) et des mortaises (partie femelle). La menuiserie, c’est 99% de chance de réussite quand c’est bien tracé. »

10 heures pour apprendre des gestes de « pro ».

Daniel et Claude animent ensemble leur atelier de menuiserie. L’atelier est maintenant hébergé au Lycée des Lombards à Troyes. Ils ont trois enfants par groupe. Le fait d’être à deux permet souvent d’aider un enfant moins doué à suivre. Et puis, l’avantage pour le planning, c’est qu’en cas d’absence d’un des deux animateurs, l’autre peut quand même assurer la prise en charge du groupe.

Il faut compter en moyenne 4 séances pour faire un travail représentatif. L’enfant repartira avec un objet qui témoigne des techniques de base présentées en atelier. Par exemple, le casse-tête chinois, demande un assemblage de 6 morceaux. Le garçon, ou la fille, fait tous ses assemblages et il a le plaisir d’avoir un objet fini et original qu’il peut montrer à la famille et aux amis. Le tabouret fait l’objet de 3 ateliers : la menuiserie avec le socle en bois, la peinture et la tapisserie.

Le plateau, que nous vous avons déjà présenté ici, croise 5 activités. Là, les assemblages d’onglet sont assez pointus et sont donc réservés aux deuxièmes années.

Au terme des 4 séances, les enfants auront appris à lire un plan, à tracer avec le trusquin et l’équerre, et à mesurer. Souvent, ils arrivent sans savoir se servir de l’équerre. Ils sauront bien sûr se servir d’une scie, sans forcer : ils doivent apprendre à scier le long du trait, pas sur le trait. La scie doit être du côté du bois qui va sauter. Le trait doit rester visible. On leur apprend aussi à bien tenir la scie. Dans le bois, il ne faut pas appuyer, à la différence de la scie à métaux. Avec le bois, on fait glisser la scie et c’est le va et vient qui suffit à pénétrer le bois. Si on force, ça se coince dans le bois et on endommage la voie [1]. C’est valable aussi pour scier les bûches.

A l’Outil en Main, nous disent les animateurs, on est là pour montrer la vraie façon de travailler, on ne doit pas faire du bricolage.

Les enfants auront découvert comment tenir un ciseau et un maillet, qu’il faut prendre au bout du manche. Et parfois, ils auront utilisé des serre-joints pour aider l’assemblage à s’emboîter. Enfin, ils auront appris à coller et à poncer en demi-travers, jamais directement en travers. Avec le ponçage, ils auront surtout appris la nécessité de bien faire aussi ce qu’on n’aime pas forcément, si on veut connaître le bonheur de voir son œuvre achevée.

Au cours de cette initiation au travail du bois, Claude et Daniel leur parlent des différents bois qu’ils leur présentent : frêne, hêtre, chêne, orme. Mais avec les enfants, ils travaillent surtout avec du sapin, bois tendre et pas cher. On reconnaît un bois à sa texture, sa couleur et son odeur. On fera plutôt un buffet en chêne. On ne fera pas un buffet Louis XV en sapin. L’idéal, selon eux, ce serait de travailler avec du hêtre, bois demi-dur car c’est plus facile de faire des assemblages dans du hêtre que dans du sapin. Le hêtre a un fil plus régulier, alors que le sapin, non.

Pourquoi avoir fait ce choix professionnel de la menuiserie ?

Pour Daniel, c’est clair : c’est un amour du bois. Le bois est toujours vivant, il travaille tout le temps. Quand vous faites quelque chose en bois, le bois, il a un fil. Si vous le prenez à l’envers, ça va pas. Faut regarder le fil avant, faut toucher. Après quand vous avez fait votre pièce, et que vous passez votre main dessus, s’il n’y a rien qui accroche, on sent : c’est doux. C’est le contact qui a lieu. Et puis l’odeur aussi.

L’odeur, c’est quand on le travaille ?

D V : Oui, oui. Le métal, c’est autre chose, c’est un autre plaisir. J’ai toujours exercé mon métier manuellement, même si je n’ai pas fait une carrière professionnelle. J’ai quitté le métier en revenant du régiment. J’ai subi deux guerres : 39/45 et la guerre d’Algérie. Mais j’ai tous les jours pratiqué dans mon atelier chez moi. J’ai fait beaucoup de choses. Comme à l’époque, il me fallait trouver une activité dans la région, j’ai fait de la chaudronnerie tôlerie et de la soudure autogène. Puis un jour, le maire de Saint Parres aux Tertres m’a proposé d’être secrétaire de mairie. J’ai donc suivi une formation avec des cours du soir et par correspondance. Mais j’ai tout le temps travaillé le bois pour moi, pour mes enfants.

Et Claude Mérat nous parle lui aussi de son parcours : j’avais un oncle menuisier. Et tout gamin, j’ai dit : je serai menuisier comme mon oncle. A 15 ans, j’ai commencé mon apprentissage chez lui. J’ai passé mon CAP de menuisier. J’ai fait la charpente aussi. Puis, je me suis fait embaucher chez un patron qui faisait de la maçonnerie, et j’ai ouvert un département menuiserie, si on peut dire. Et quand j’ai voulu me mettre à mon compte, mon patron m’a aidé à trouver un local et à me lancer en 1977.

Cliquez sur le lecteur ci-dessous pour écouter nos menuisiers :

Duo de menuisiers...
IMG/mp3/entretien_menuisiers.mp3

Retrouver dans la rubrique "les Plans" quelques unes des réalisations évoquées dans cet article.


[1La voie d’une scie : l’inclinaison des dents de la scie vers l’extérieur.


Portfolio

Claude Daniel

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Brèves

Rencontre départementale

vendredi 16 février

Le 15 février 2018, les Présidents des 12 "Outil en Main" de l’Aube, accompagnés de quelques représentants de chaque association se sont retrouvés sur le site de l’Outil en Main de la Chapelle-St-Luc.

Les échanges furent fructueux, chaque association faissant part de ses projets et de ses dificultés.

Point fort des discussions : le fonctionnement et le financement de l’Union des Associations l’Outil en Main, avec en question : le niveau de la contribution financière de chaque association locale pour quel apport de l’Union ?

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© l'Est-Eclair

A lire dans l’Est-Eclair du 18 février 2018 - L’Outil en Main réunit ses présidents.

Prix Fondation Bettencourt Schueller pour la MOPO3

jeudi 12 octobre 2017

La Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière s’est vu attribuer le Prix 2017 de la Fondation Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main dans la catégorie Parcours.
MOPO3 - Prix 2017 de la Fondation Liliane Bettencourt pour l'Intelligence de la Main
Une récompense bien mérité pour la Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière et toute son équipe qui s’attache à enrichir et faire rayonner cette maison unique au monde, formidable témoin de la richesse des métiers de la main d’hier.
Un grand bravo à la MOPO3 !...

Visualiser le film de présentation en un Clic ici...

L’outil est ce qui, pour la main, est la preuve de l’esprit.
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en Hommage à Marie-Pascale RAGUENEAU

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rue Marie-Pascale RAGUENEAU à Troyes

En hommage, la SAT vient de mettre en ligne un site internet qui lui est dédié : Marie-Pascale Ragueneau

[1le 5 Octobre 1987

Rencontre...

jeudi 19 janvier 2017

Le 19 janvier 2017, les Présidents des Associations de l’Outil en Main de l’Aube, de la Haute-Marne et de l’Yonne, accompagnés de quelques représentants de chaque association se sont retrouvés à la Maison des Compagnons de Troyes lors d’une réunion avec le Président de l’Union Nationale des Associations l’Outil en Main .
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Rencontre fructueuse autour de sujets concernant le développement de l’Outil en Main, son fonctionnement et son financement.
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mardi 6 décembre 2016

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